Clinique Ambroise Paré | Don de sang placentaire – Clinique Ambroise Paré

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La maternité de la clinique Ambroise Paré de Toulouse propose aux mamans de faire don du sang placentaire.

Blottie sur le ventre de sa maman, Louise vient de naître. Le bonheur de ses parents fera peut-être celui de quelqu’un d’autre. A côté de la table d’accouchement, Maud et Cécile, deux sages-femmes formées à la technique, prélèvent une poche de sang placentaire. Un geste indolore rempli de promesses : le sang du cordon ombilical est riche en cellules souches. Proches de celles contenues dans la moelle osseuse, elles permettent de reconstituer le système sanguin et peuvent sauver la vie de malades atteints de cancer du sang, de déficits immunitaires ou de maladies génétiques rares.

«La vie après la vie»
Depuis deux mois et pour la première fois en Haute-Garonne, les mamans qui accouchent à la clinique Ambroise Paré de Toulouse peuvent faire ce don. «L’aboutissement de deux ans de travail pour réunir toutes les habilitations et préparer les équipes» souligne Bertrand Mignot, directeur de la clinique qui enregistre 3800 accouchements par an.

Franck Martin, gynécologue obstétricien de la clinique, a été le premier à proposer la démarche. «Tout part d’histoires humaines. La mort, il y a trois ans de Laurent Prat, un confrère et ami atteint d’une leucémie ; une maman qui accouche à l’hôpital d’un troisième enfant dont le prélèvement du sang placentaire a permis de sauver ses deux autres enfants atteints de maladie génétique rare… La vie après la vie, cette image m’est restée. J’ai l’impression de faire quelque chose de bien et de manière durable» explique le médecin. Après l’hôpital d’Auch, Ambroise Paré est le deuxième établissement de Midi-Pyrénées à mettre en place ce don.

2000 personnes soignées ?
«On avait parfois des demandes des patientes mais je suis étonnée de leur enthousiasme» souligne Josy Farré, responsable du bloc obstétrique de la maternité. «Les refus sont rares. On le propose à 60 % des futures mamans et on effectue des prélèvements sur un tiers d’entre elles» explique Maud Droit, sage-femme référente. Elle poursuit : «Quand les mamans appellent leur famille pour annoncer la naissance, la deuxième information qu’elles donnent, c’est celle du don. Elles sont très fières. Notre priorité, c’est la santé de la maman et du bébé. Ce don, c’est la cerise sur le gâteau !» Ambroise Paré a enregistré 87 dons en septembre, 117 en octobre. Neuf sage-femmes et quatre gynécologues sont actuellement formés et habilités pour le prélèvement. On estime que, chaque année, 2 000 personnes pourraient être soignées grâce à une greffe de moelle osseuse ou de sang de cordon.
Renseignements : www.dondusang.net

En pratique
Le prélèvement du sang de cordon (ou sang placentaire) est réalisé par une sage-femme ou un gynécologue spécialement formé. Indolore et sans danger, il s’effectue dans les minutes qui suivent l’accouchement, quand le cordon ombilical est coupé et que le placenta est encore dans l’utérus. Ce don est anonyme et gratuit. Une navette de l’établissement français du sang le transporte à Bordeaux à la banque de sang placentaire où il est congelé dans les 24 heures. Deux mois plus tard, si le prélèvement est validé, il est enregistré sur le registre France Greffe de Moelle.

© La Dépêche – du 9 novembre 2012 – Emmanuelle Rey – www.ladepeche.fr